vendredi 5 février 2010
Le pari de Roger...
La portée philosophique du comptoir n'étant plus à démontrer tant l'évidente absurdité du monde n'est rien à côté du regard que l'on porte sur lui, nous parlerons aujourd'hui de la croyance en l'irrationnel. La croyance en l'irrationnel, ne peut pas être combattue par des arguments rationnels, sinon ça serait trop facile, disait Descartes en jouant à la belote. Tout le monde ici connait le pari de Pascal, qui consiste grosso modo à prendre dieu pour un con, ( en y croyant "au cas ou", pasque "si ça fait pas de bien, ça peut pas faire de mal" ), mais on ignore souvent tout du pari de Roger. Le pari de Roger, et en cela, il rejoint d'une certaine manière la pensée de Diderot, consite à miser sur l'intelligence de dieu tout en étant fermemant convaincu qu'il n'existe pas. Le croyant, s'il a été bien briefé, s'applique autant que faire se peut à pratiquer le bien, pour que dieu, qui n'a rien d'autre à foutre toute la sainte journée, (et dieu sait combien sainte est sa journée), que de contrôler que le bien est fait et bien fait, soit content. Alors qu'il est probablement en train de boire une bière avec les copains. Si malencontreusement, le croyant, brebis égarée sur les chemins du vice, se laisse aller à faire par inadvertance LE MAL, il sera puni un de ses quatre, quand dieu aura fini de jouer aux cartes avec ses potes. Ça fout la trouille ! Le Roger, lui, part du principe qu'il n'est pas obligé de croire en un quelconque dieu créateur qui viendrait lui taper sur les doigts, pour ne pas se comporter comme une ordure. Il avance d'un pas tranquille et sans illusion sur le chemin de la vie qui le conduit au tombeau, sans piétiner personne, en respectant les autres comme il aimerait qu'on le respecte et ses erreurs n'étant somme toute que de jeunesse, ( il pratique la vie pour la première fois ), il lui semble que si contre toute attente, ce dieu dans lequel il ne croit pas existe, il ne lui tiendra certainement pas rigueur d'avoir vécu en honnête homme sans pour autant être idôlatre. Roger se dit que si dieu existe par hasard, avouez que ce serait vraiment pas de bol qu'il soit un sale con rancunier.
jeudi 4 février 2010
Comme un ouragan...
(Avouez que je suis drôle !) Des millions de gens en France regardent "La ferme des célébrités" et je ne sais même pas ce que c'est ! J'ai entendu un gars parler de ça ce matin dans la voiture. Je veux dire à la radio. Il n'y avait pas un gars dans la voiture en personne pour me parler de "La ferme des célébrités", on en est pas encore là, heureusement. Si j'ai bien compris, c'est des gens que je ne connais pas, mais qui sont très connus et qu'on renvoie en Afrique en avion pour qu'ils élèvent des chèvres. Bon sang, mais c'est la France de Vichy ! ( le Vichy, c'est des petits carreaux sur les robes des filles, c'est très joli... La France de Vichy, c'est Brigitte Bardot en robe Vichy ? ) C'est de la déportation, il faut faire une pétition ! On a aussi entendu parler de petites jeunes filles qu'on renvoie au Maroc parce qu'elles ne travaillent pas bien à l'école. Ma fille a dit qu'elle aimerait bien aller au Maroc...


mercredi 3 février 2010
Comme un mercredi...
( Je peux tenir comme ça au moins toute une semaine, pour mes titres !) Je sais bien que la parabole d'hier, celle de la crotte de mouche, est un peu complexe pour certains, mais c'est la vie. Des fois c'est simple comme une blague de Toto, et des fois ça a la portée philosophique des prolégomènes dans une interview de Raphaël Anthoven, (bien qu'il ne parle pas souvent de crottes de mouches sur France Culture, il entretient néanmoins avec ce diptère aux formes ramassées, des relations contre nature que l'église réprouve !) C'était juste pour placer "prolégomènes", un joli mot sur lequel je suis tombé hier soir en lisant à ma fille "Le parfum de la dame en noir" de Gaston Leroux. Du "feuilleton populaire", comme quoi, à l'époque, on pouvait s'adresser au peuple avec du vocabulaire. Encore de la philosophie à trois balles avec les pages qui suivent...




mardi 2 février 2010
Comme un mardi...
"L'art ne commence qu'à partir de mal dessiner, que plus mal on dessine et plus on fait apport créatif"
Jean Dubuffet
(Et je ne vous parle même pas de l'écriture, que plus mal on écrit plus qu'on fait apport de fautes d'ornithographe !)
J'aime beaucoup Dubuffet et sa phrase bancale résume assez bien ce qui est abordé maladroitement dans la page d'aujourd'hui, sobrement intitulée "Thierry Roland".
Thierry Roland est au commentaire sportif ce que Dubuffet est à l'Art Brut et vice versa.
Mon ami Maël m'a un jour offert une plume américaine, (pour dessiner, pas une plume d'indien). Il m'a aussi offert un porte plume américain pour aller avec la plume américaine.
Avec la plume américaine, le porte plume américain, je fais autant de pâtés qu'avec une plume française, mais ce sont des pâtés américains ! La classe !
Cette histoire de plume m'a rappellé une scène inédite de la Bible : Joseph rentre chez lui et trouve Marie encore au lit :
" Eh ! C'est quoi ces plumes partout dans la chambre ? " s'écrie Joseph.
L'histoire du débarquement d'un archange américain avec des plumes américaines que lui raconte la vierge Marie ne le convainc qu'à moitié, mais il trouve dans la gracieuse lumière de cette fin du jour en judée, une métaphore qui résume assez bien la situation. " Quand tu fais les vitres, dit-il, la crotte de mouche la plus difficile à enlever...C'est celle qui est de l'autre côté de la vitre."
Après, on s'étonnera qu'avec des parents pareils, le petit Jésus ait mal tourné.
Jean Dubuffet
(Et je ne vous parle même pas de l'écriture, que plus mal on écrit plus qu'on fait apport de fautes d'ornithographe !)
J'aime beaucoup Dubuffet et sa phrase bancale résume assez bien ce qui est abordé maladroitement dans la page d'aujourd'hui, sobrement intitulée "Thierry Roland".
Thierry Roland est au commentaire sportif ce que Dubuffet est à l'Art Brut et vice versa.
Mon ami Maël m'a un jour offert une plume américaine, (pour dessiner, pas une plume d'indien). Il m'a aussi offert un porte plume américain pour aller avec la plume américaine.
Avec la plume américaine, le porte plume américain, je fais autant de pâtés qu'avec une plume française, mais ce sont des pâtés américains ! La classe !
Cette histoire de plume m'a rappellé une scène inédite de la Bible : Joseph rentre chez lui et trouve Marie encore au lit :
" Eh ! C'est quoi ces plumes partout dans la chambre ? " s'écrie Joseph.
L'histoire du débarquement d'un archange américain avec des plumes américaines que lui raconte la vierge Marie ne le convainc qu'à moitié, mais il trouve dans la gracieuse lumière de cette fin du jour en judée, une métaphore qui résume assez bien la situation. " Quand tu fais les vitres, dit-il, la crotte de mouche la plus difficile à enlever...C'est celle qui est de l'autre côté de la vitre."
Après, on s'étonnera qu'avec des parents pareils, le petit Jésus ait mal tourné.
lundi 1 février 2010
Comme un lundi...
Ah, février, enfin !
Je n'aime pas le mois de janvier, on y traîne encore un peu les oripeaux de l'année écoulée. Au cours du mois de janvier, on a bien eu le temps de constater que les bonnes résolutions à la con, ça ne tient pas la route face à la terrible réalité de notre faiblesse morale et on peut attaquer février en homme neuf, (mais néanmoins conscient de ses limites !).
En plus, un mois qui commence un lundi, c'est un mois qui tient à se mettre bien en place pour ton planning, c'est pas un gros branleur de mois de janvier qui débute par un jour férié un vendredi.
Donc 2010 commence vraiment maintenant.
Comptons nous. On est tous là, (à part Pierre Vaneck), on a pas plus l'Agrippa que la Romus et Romulus ou l'Agrippine (une grippe de cheval me souffle l'esprit fluide et glacial de l'humour français) et la bande dessinée se porte bien puisque c'est mon grand ami Riad Sattouf qui a obtenu le prix du meilleur alboum à Angoul'm 2010 pour "Pascal Brutal" chez Fluide Glacial.
Mâtin, quel succès !
Je l'ai entendu balbutier ses "ah ouais" et "carrément" sur radio Paris ce matin, (quelle radio !) juste avant de passer sur France Élite intellectuelle où l'on causait de mon grand ami Diderot et de ses thuriféraires.
On a besoin de moins de vocabulaire pour suivre une interview de Riad Sattouf.
Pour commencer l'année, une page de Spok & Spok du mini comix de wœux...
Je n'aime pas le mois de janvier, on y traîne encore un peu les oripeaux de l'année écoulée. Au cours du mois de janvier, on a bien eu le temps de constater que les bonnes résolutions à la con, ça ne tient pas la route face à la terrible réalité de notre faiblesse morale et on peut attaquer février en homme neuf, (mais néanmoins conscient de ses limites !).
En plus, un mois qui commence un lundi, c'est un mois qui tient à se mettre bien en place pour ton planning, c'est pas un gros branleur de mois de janvier qui débute par un jour férié un vendredi.
Donc 2010 commence vraiment maintenant.
Comptons nous. On est tous là, (à part Pierre Vaneck), on a pas plus l'Agrippa que la Romus et Romulus ou l'Agrippine (une grippe de cheval me souffle l'esprit fluide et glacial de l'humour français) et la bande dessinée se porte bien puisque c'est mon grand ami Riad Sattouf qui a obtenu le prix du meilleur alboum à Angoul'm 2010 pour "Pascal Brutal" chez Fluide Glacial.
Mâtin, quel succès !
Je l'ai entendu balbutier ses "ah ouais" et "carrément" sur radio Paris ce matin, (quelle radio !) juste avant de passer sur France Élite intellectuelle où l'on causait de mon grand ami Diderot et de ses thuriféraires.
On a besoin de moins de vocabulaire pour suivre une interview de Riad Sattouf.
Pour commencer l'année, une page de Spok & Spok du mini comix de wœux...
dimanche 31 janvier 2010
Une nostalgie moderne...
Dans les années soixante dix, je me souviens très bien que les téléphones ne sonnaient pas tout le temps comme maintenant.Mes parents, qui avaient un goût très sûr en matière de décoration intérieur, possédaient un gros téléphone à cadran rotatoire de couleur orange. Aujourd'hui, Orange est le nom d'un opérateur à la con, les téléphones sont noirs, plats, tout petits, on les cherche partout et ils sonnent toutes les cinq minutes.
Je me rappelle très bien en 1972, avoir passé une journée entière à côté du téléphone orange à cadran rotatoire et il n'a pas du tout sonné. Le lendemain, pareil, mais le dimanche suivant, ma grand-mère a appellé.
Depuis que ma grand-mère est morte, elle ne téléphone plus le dimanche, mais le téléphone sonne tout le temps.
Souvent, des Pakistanais me téléphonent en essayant de faire croire qu'ils s'appellent Jean-Paul Dumont.
Des fois, c'est des filles qui ont le même accent que ma copine Soraya et qui mâchent du chewing-gum en lisant un texte qu'elles ne semblent pas comprendre. Je suis certain qu'elles sont très jolies, mais elles m'emmerdent quand même.
Finalement, j'ai dégotté un vieux téléphone comme celui qu'on avait quand on était encore raisonnable, un vrai téléphone, quoi, qui fait DRIIINNNNG et pas turlututut.
Un gros truc qu'on voit bien, avec un bon vieux cadran rotatoire qui fait DRRRRRR quand on le tourne, un téléphone avec un écouteur, ce qui est pratique pour bien entendre, un appareil qui ne tombe pratiquement jamais en panne et qui se répare comme un rien si ça arrive, mais ça n'arrive jamais.
Je l'ai branché. Pour dire bonjour, il a fait un petit DING sympa et il n'a plus jamais sonné.
Sauf un dimanche, c'était ma grand-mère pour me dire qu'elle était bien arrivée.
Je me rappelle très bien en 1972, avoir passé une journée entière à côté du téléphone orange à cadran rotatoire et il n'a pas du tout sonné. Le lendemain, pareil, mais le dimanche suivant, ma grand-mère a appellé.
Depuis que ma grand-mère est morte, elle ne téléphone plus le dimanche, mais le téléphone sonne tout le temps.
Souvent, des Pakistanais me téléphonent en essayant de faire croire qu'ils s'appellent Jean-Paul Dumont.
Des fois, c'est des filles qui ont le même accent que ma copine Soraya et qui mâchent du chewing-gum en lisant un texte qu'elles ne semblent pas comprendre. Je suis certain qu'elles sont très jolies, mais elles m'emmerdent quand même.
Finalement, j'ai dégotté un vieux téléphone comme celui qu'on avait quand on était encore raisonnable, un vrai téléphone, quoi, qui fait DRIIINNNNG et pas turlututut.
Un gros truc qu'on voit bien, avec un bon vieux cadran rotatoire qui fait DRRRRRR quand on le tourne, un téléphone avec un écouteur, ce qui est pratique pour bien entendre, un appareil qui ne tombe pratiquement jamais en panne et qui se répare comme un rien si ça arrive, mais ça n'arrive jamais.
Je l'ai branché. Pour dire bonjour, il a fait un petit DING sympa et il n'a plus jamais sonné.
Sauf un dimanche, c'était ma grand-mère pour me dire qu'elle était bien arrivée.
samedi 30 janvier 2010
Angoul'm...
vendredi 29 janvier 2010
Le petit journal de POPO...
Il y a ceux qui l'ont reçu avec mes vœux et les autres. Bien sûr, ça sépare l'humanité en deux clans, d'un côté les élus, qui se demandent ce qu'ils ont bien pu faire pour mériter ça, et de l'autre, les pauvres bougres qui n'ont pas été assez gentils.
Vous ne l'avez pas reçu ?
Essayez de vous souvenir, à un moment, vous avez dû faire un truc pas bien.
Mais, grâce au blog des NEWS of ze WENS, des milliers d'Internautes vont tout de même pouvoir se la péter en société et faire semblant d'être dans le coup.
"Le petit journal de POPO ? Ah ah ! Mais Wens est venu me l'apporter lui-même en vélo !"
Oui, bientôt sur le blog les bandes dessinées du petit journal de Mr POPO, ( le mimi comix évènement ! )
là dessous, la photo du "petit journal" sur mon bureau et un dessin de Coutelis qui s'est représenté en Mr POPO, j'adore !
( Coutelis vient de sortir chez Mosquito un recueil des histoires de Di Cazzo parues dans Fluide Glacial. Le titre c'est "Di Cazzo contre les maîtres du monde", tout un programme...Heu, là j'ai fait comme le "critique BD" moyen, c'est juste pour avoir l'air de ne pas faire du copinage ! )


Vous ne l'avez pas reçu ?
Essayez de vous souvenir, à un moment, vous avez dû faire un truc pas bien.
Mais, grâce au blog des NEWS of ze WENS, des milliers d'Internautes vont tout de même pouvoir se la péter en société et faire semblant d'être dans le coup.
"Le petit journal de POPO ? Ah ah ! Mais Wens est venu me l'apporter lui-même en vélo !"
Oui, bientôt sur le blog les bandes dessinées du petit journal de Mr POPO, ( le mimi comix évènement ! )
là dessous, la photo du "petit journal" sur mon bureau et un dessin de Coutelis qui s'est représenté en Mr POPO, j'adore !
( Coutelis vient de sortir chez Mosquito un recueil des histoires de Di Cazzo parues dans Fluide Glacial. Le titre c'est "Di Cazzo contre les maîtres du monde", tout un programme...Heu, là j'ai fait comme le "critique BD" moyen, c'est juste pour avoir l'air de ne pas faire du copinage ! )


jeudi 28 janvier 2010
Parlez moi d'amour, (ou à la rigueur, de bande dessinée)...
Le gars qui adore les choux à la crème, si tu lui en fais manger 10 000, il finit par ne plus trop aimer ça.
Quand j'étais un jeune homme poli, pas cette boule de haine aveugle que je suis devenu, il m'est arrivé d'aller au festival international de la bande dessinée d'Angoulême, où l'on trouve le plus de choux à la crème au mètre carré.
Bien entendu, j'ai cherché sur une carte d'état major pour voir où ça se trouvait, ce festival international de la bande dessinée d'Angoulême, ( à l'époque, Internet n'existait pas et de toute façon je n'avais pas encore l'électricité ).
Et bien, à vrai dire, c'est carrément au fond à gauche,en plein dans la France profonde !
Déjà, ça ne m'arrangeait pas, parce que c'est pas trop direct, et puis, fin janvier, je me suis dit qu'il n'y aurait personne.
Vous m'croirez si vous voulez, mais impossible de trouver une place pour se garer !
Après avoir abandonné les clés de ma limousine, ( une Renault Express achetée à Limoges ), au groom de l'hôtel Formule 1, me voilà donc devant le palais du festival, un chapiteau genre foire à l'andouillette, dont les flancs secoués par les bourrasques d'un vent glacial, claquaient sinistrement comme la respiration chancelante d'un monstre à l'agonie, ( c'est beau comme du Bernard-Henri Lévy, non ? ).
Je n'aurais pour rien au monde mis les pieds là-dedans si j'avais dû attendre dans le froid pour payer le droit d'entrer au supermarché afin d'acheter des livres directement aux producteurs, car n'étant ni fétichiste ni idôlatre, je me contrefous de savoir à quoi ressemblent ces types plus ou moins louches qui vendent des andouillettes et je n'ai pas besoin non plus qu'ils me fassent un dessin original sur le papier d'emballage.
Il se trouve que par un curieux concours de circonstances, j'avais un badge et une place de parking pour moi et ma voiture.
À partir de là, je n'allais pas cracher sur l'opportunité de passer devant la file des binoclards à cheveux gras et autres barbus à calvities qui se gelaient les miches une heure avant l'ouverture, alors que moi qui n'en avait rien foutre, je pouvais entrer gratos par la porte V.I.P.
Il y en a qui, juste avant de pénétrer dans ce sanctuaire, se seraient retournés vers le peuple frigorifié pour lui faire un bras d'honneur, mais avec l'élégance d'un hobereau charentais, j'affichais seulement un sourire narquois et me contentais de quelques gestes à la Bill Clinton quand il essaie de faire croire qu'il connaît du monde dans la salle.
Si encore tous ces types avec leurs sacs à roulettes étaient venus pour acheter mes livres, j'imagine que ça aurait un tant soit peu justifié à mes yeux leur présence dans mes pattes à chaque fois que j'ai essayé de me déplacer pour aller pisser.Bien évidemment, la plupart des lecteurs de BD ayant des goûts affligeants en matière artistique, ( sans parler de la façon dont ils s'habillent ), ils étaient là pour prendre leurs doses de gnomes, de grands guerriers musclés et d'héroïnes à gros nichons, ( toutes choses très en vogue à l'époque et disparues aujourd'hui au profit de la clique de dessinateurs clones de Joann Sfar, ce qui, il faut bien l'admettre, est un moindre mal ).
J'étais à Angoulême avec mon bel album broché noir et blanc, petit format, qui raconte l'histoire d'un zouave et d'une tortue, avec aussi, des Zorro sur des chevaux à bascule et un teckel qui est le fils de Dieu. Cette ¦uvre novatrice, un des phares de la contre-culture souterraine, boudée à l'époque par la critique, est depuis devenu un album culte que les collectionneurs s'arrachent à prix d'or.
Ma carrière était donc lancée par cette consécration, ( je veux parler du badge et de la place de parking ), quand tout à coup, en sortant dans la rue, j'ai attrappé un rhume et c'est à ce moment là que j'ai décidé de mettre un terme à mon activité d'auteur de bandes dessinées à succés, pour me consacrer à ma vraie passion: le football.
Ce qui nous amène tout naturellement à parler de Raymond Domenech, parce qu'un "spécial Angoulême" à la noix, ne doit pas nous faire oublier l'essentiel et l'essentiel, c'est qu'on est à la coupe du monde en Afrique du Sud, au mois de juin, nom d'une pipe !
Là, on voit clairement la supériorité du football sur la bande dessinée. C'est pas la FIFA qui organiserait une compétition internationale en janvier dans un bled perdu des Charentes.
Si Raymond Domenech faisait aussi la sélection des albums à récompenser pour leurs performances sur le terrain des ventes, croyez moi, on parlerait un peu plus de bande dessinée dans l'Équipe !
Depuis plusieurs années, je milite pour que les cendres de Raymond Barre, Raymond Kopa et Raymond Domenech soient transférées au Panthéon.Le fait que les deux derniers soient toujours vivants ne doit en aucun cas les priver des honneurs de la République et pour Raymond Domenech, le plus tôt sera le mieux.
Je vois bien Frédéric Mitterrand lire le discours, des trémollos dans la voix, sous un grand parapluie à fleurs:"Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Raymond Domenech, avec ton terrible cortège de matchs nuls..."
La bande dessinée, c'est un peu comme le foot, il y a des gens qui adorent ça et d'autres qui détestent. C'est la raison pour laquelle les membres de ces sectes se réunissent dans des endroits discrets pour communier et organiser des concours pour savoir qui sera champion du monde ou grand schtroumpf d'Angoulême.
Tant que l'être humain sera obsédé par le culte de la performance, on fera des foires à l'andouillette un peu partout et il y aura toujours une foire à l'andouillette qui sera la plus grande foire internationale de l'andouillette de toutes les foires à l'andouillette, avec son président, son jury, ses récompenses et son grand prix.
Personnellement, je mets un point d'honneur à concevoir mes albums de telle sorte qu'ils ne puissent en aucun cas être susceptibles de recevoir une récompense. C'est plus prudent, je ne suis pas certain d'être assez fort moralement pour refuser qu'on tranfère un jour mes cendres au CNBDI.
"On dira ce qu'on voudra, mais s'il y a quelque chose de vraiment chouette dans l'organisation de la coupe du monde de la bande dessinée à Angoulême, c'est que jamais personne n'y a encore sifflé Raymond Domenech."
Vikash Dhorasoo
(ce texte et les Mr POPO qui vont avec sont publiés sur 5 pages dans la "revue de la bande dessinée moderne JADE" underground et chic, vous la trouverez facilement à Angoulême et en faisant chier votre libraire spécialisé dans la BD et les produits dérivés, (chaussettes, mugs, figurines...et parfois aussi des albums )
Quand j'étais un jeune homme poli, pas cette boule de haine aveugle que je suis devenu, il m'est arrivé d'aller au festival international de la bande dessinée d'Angoulême, où l'on trouve le plus de choux à la crème au mètre carré.
Bien entendu, j'ai cherché sur une carte d'état major pour voir où ça se trouvait, ce festival international de la bande dessinée d'Angoulême, ( à l'époque, Internet n'existait pas et de toute façon je n'avais pas encore l'électricité ).
Et bien, à vrai dire, c'est carrément au fond à gauche,en plein dans la France profonde !
Déjà, ça ne m'arrangeait pas, parce que c'est pas trop direct, et puis, fin janvier, je me suis dit qu'il n'y aurait personne.
Vous m'croirez si vous voulez, mais impossible de trouver une place pour se garer !
Après avoir abandonné les clés de ma limousine, ( une Renault Express achetée à Limoges ), au groom de l'hôtel Formule 1, me voilà donc devant le palais du festival, un chapiteau genre foire à l'andouillette, dont les flancs secoués par les bourrasques d'un vent glacial, claquaient sinistrement comme la respiration chancelante d'un monstre à l'agonie, ( c'est beau comme du Bernard-Henri Lévy, non ? ).
Je n'aurais pour rien au monde mis les pieds là-dedans si j'avais dû attendre dans le froid pour payer le droit d'entrer au supermarché afin d'acheter des livres directement aux producteurs, car n'étant ni fétichiste ni idôlatre, je me contrefous de savoir à quoi ressemblent ces types plus ou moins louches qui vendent des andouillettes et je n'ai pas besoin non plus qu'ils me fassent un dessin original sur le papier d'emballage.
Il se trouve que par un curieux concours de circonstances, j'avais un badge et une place de parking pour moi et ma voiture.
À partir de là, je n'allais pas cracher sur l'opportunité de passer devant la file des binoclards à cheveux gras et autres barbus à calvities qui se gelaient les miches une heure avant l'ouverture, alors que moi qui n'en avait rien foutre, je pouvais entrer gratos par la porte V.I.P.
Il y en a qui, juste avant de pénétrer dans ce sanctuaire, se seraient retournés vers le peuple frigorifié pour lui faire un bras d'honneur, mais avec l'élégance d'un hobereau charentais, j'affichais seulement un sourire narquois et me contentais de quelques gestes à la Bill Clinton quand il essaie de faire croire qu'il connaît du monde dans la salle.
Si encore tous ces types avec leurs sacs à roulettes étaient venus pour acheter mes livres, j'imagine que ça aurait un tant soit peu justifié à mes yeux leur présence dans mes pattes à chaque fois que j'ai essayé de me déplacer pour aller pisser.Bien évidemment, la plupart des lecteurs de BD ayant des goûts affligeants en matière artistique, ( sans parler de la façon dont ils s'habillent ), ils étaient là pour prendre leurs doses de gnomes, de grands guerriers musclés et d'héroïnes à gros nichons, ( toutes choses très en vogue à l'époque et disparues aujourd'hui au profit de la clique de dessinateurs clones de Joann Sfar, ce qui, il faut bien l'admettre, est un moindre mal ).
J'étais à Angoulême avec mon bel album broché noir et blanc, petit format, qui raconte l'histoire d'un zouave et d'une tortue, avec aussi, des Zorro sur des chevaux à bascule et un teckel qui est le fils de Dieu. Cette ¦uvre novatrice, un des phares de la contre-culture souterraine, boudée à l'époque par la critique, est depuis devenu un album culte que les collectionneurs s'arrachent à prix d'or.
Ma carrière était donc lancée par cette consécration, ( je veux parler du badge et de la place de parking ), quand tout à coup, en sortant dans la rue, j'ai attrappé un rhume et c'est à ce moment là que j'ai décidé de mettre un terme à mon activité d'auteur de bandes dessinées à succés, pour me consacrer à ma vraie passion: le football.
Ce qui nous amène tout naturellement à parler de Raymond Domenech, parce qu'un "spécial Angoulême" à la noix, ne doit pas nous faire oublier l'essentiel et l'essentiel, c'est qu'on est à la coupe du monde en Afrique du Sud, au mois de juin, nom d'une pipe !
Là, on voit clairement la supériorité du football sur la bande dessinée. C'est pas la FIFA qui organiserait une compétition internationale en janvier dans un bled perdu des Charentes.
Si Raymond Domenech faisait aussi la sélection des albums à récompenser pour leurs performances sur le terrain des ventes, croyez moi, on parlerait un peu plus de bande dessinée dans l'Équipe !
Depuis plusieurs années, je milite pour que les cendres de Raymond Barre, Raymond Kopa et Raymond Domenech soient transférées au Panthéon.Le fait que les deux derniers soient toujours vivants ne doit en aucun cas les priver des honneurs de la République et pour Raymond Domenech, le plus tôt sera le mieux.
Je vois bien Frédéric Mitterrand lire le discours, des trémollos dans la voix, sous un grand parapluie à fleurs:"Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Raymond Domenech, avec ton terrible cortège de matchs nuls..."
La bande dessinée, c'est un peu comme le foot, il y a des gens qui adorent ça et d'autres qui détestent. C'est la raison pour laquelle les membres de ces sectes se réunissent dans des endroits discrets pour communier et organiser des concours pour savoir qui sera champion du monde ou grand schtroumpf d'Angoulême.
Tant que l'être humain sera obsédé par le culte de la performance, on fera des foires à l'andouillette un peu partout et il y aura toujours une foire à l'andouillette qui sera la plus grande foire internationale de l'andouillette de toutes les foires à l'andouillette, avec son président, son jury, ses récompenses et son grand prix.
Personnellement, je mets un point d'honneur à concevoir mes albums de telle sorte qu'ils ne puissent en aucun cas être susceptibles de recevoir une récompense. C'est plus prudent, je ne suis pas certain d'être assez fort moralement pour refuser qu'on tranfère un jour mes cendres au CNBDI.
"On dira ce qu'on voudra, mais s'il y a quelque chose de vraiment chouette dans l'organisation de la coupe du monde de la bande dessinée à Angoulême, c'est que jamais personne n'y a encore sifflé Raymond Domenech."
Vikash Dhorasoo
(ce texte et les Mr POPO qui vont avec sont publiés sur 5 pages dans la "revue de la bande dessinée moderne JADE" underground et chic, vous la trouverez facilement à Angoulême et en faisant chier votre libraire spécialisé dans la BD et les produits dérivés, (chaussettes, mugs, figurines...et parfois aussi des albums )
mercredi 27 janvier 2010
La BD évènement...
Ah ah, moi aussi je fais de la réclame avec le nouveau truc à la mode du "machin évènement" !
Le film évènement ! Le livre évènement ! Le CD évènement ! Et bientôt, l'évènement évènement !
Dans le mot évènement, il y a un petit truc d'un point de vu sonore, comme une chose vaine et mensongère qui auditivement nous met en garde.
Mais rien à voir avec ma réclame à moi qui est juste un message à caractère intéressant.
Les éditions Mosquito lancent ce mois-ci une nouvelle collection de bandes dessinées jeunesse : La collection Lily Mosquito
Inutile de vous dire qu'il y en a une qui est vachement fière, c'est ma fille Lily et en plus, coup de bol, le premier album de cette collection est un Wasterlain.
C'est le dessinateur de "docteur Poche" et de "Jeanette Pointu" bien sûr !
Lily vous conseille "Les pixels chasseurs de monstres"!
Le film évènement ! Le livre évènement ! Le CD évènement ! Et bientôt, l'évènement évènement !
Dans le mot évènement, il y a un petit truc d'un point de vu sonore, comme une chose vaine et mensongère qui auditivement nous met en garde.
Mais rien à voir avec ma réclame à moi qui est juste un message à caractère intéressant.
Les éditions Mosquito lancent ce mois-ci une nouvelle collection de bandes dessinées jeunesse : La collection Lily Mosquito
Inutile de vous dire qu'il y en a une qui est vachement fière, c'est ma fille Lily et en plus, coup de bol, le premier album de cette collection est un Wasterlain.
C'est le dessinateur de "docteur Poche" et de "Jeanette Pointu" bien sûr !
Lily vous conseille "Les pixels chasseurs de monstres"!
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