Amis des arts, ce petit poème en prose de Élisabeth Quin du magazine ELLE, trouvé par hasard en regardant les critiques pour un film dont le titre importe peu.
C’est tellement beau que je ne résiste pas au plaisir de le partager avec vous...
mercredi 15 février 2012
L'événement du jour
vendredi 10 février 2012
Miroir, mon beau miroir...
Peuple de France,
chers amnésiques, travailleurs plus pour gagner plus, chers cobayes.
Vous allez
participer à une expérience très intéressante, à l’échelle nationale. Objectif
de l’expérimentation : jusqu’où peut-on vous prendre pour des cons deux
fois.
Les résultats, au
mois de mai, seront riches d’enseignements. Nous saurons enfin si vraiment,
TOUT est possible.
Nous saurons si une
majorité de Français, peut reprendre deux fois des nouilles, même si elles font
vomir.
Miroir, mon beau
miroir, dis-moi qui est la plus belle.
C’est parti mon
kiki ! Tout est de la faute des chômeurs, des assistés, des étrangers, des
pédés, des fonctionnaires, de ceci, de cela et surtout, de l’autre.
Le programme du " président du pouvoir d’achat qui ira chercher la croissance où elle se
trouve ", c’est une déclaration de guerre civile.
Haïssez vous mes
frères, nous nous occupons du reste !
Moi qui suis assez
âgé pour avoir vu les chars Russes défiler sur les champs Élysée en 1981, quand
les bolcheviques sont arrivés au pouvoir et que les capitaux sont partis
résister en Suisse, je suis terrorisé à l’idée que les rouges reviennent, vous
pensez bien !
Ce serait une
catastrophe, ça entraînerait une crise sans précédent, avec du chômage, des
délocalisations, une baisse du pouvoir d’achat…Un peu comme après 5 petites
années de nouilles pas fraîches, un peu comme le bilan très positif d’un
quinquennat qui soulève le cœur.
Si ça marche deux
fois, si vous recommencez à vous détester assez pour reprendre des nouilles, je
ne vous le pardonnerais pas.
Miroir, mon beau
miroir, dis-moi qui est la plus belle.
jeudi 9 février 2012
No comment
Les amis attention,
regardez bien vos enfants, si ça se trouve parmi eux il y a un ministre de
l’Intérieur !
Quand on est
parents, on ne sait jamais quelle vipère on va réchauffer dans son sein. On a
du mal à croire que ces types-là aient pu être de charmants bambins ou
simplement des enfants et pourtant, même Claude Guéant, il n’a pas toujours été
affublé de cette sombre mine de triste clown.
Je dis ça, mais en
fait je n’en sais rien, peut-être qu’il y a une fabrique de ministres de
l’Intérieur, un endroit où par d’habiles manipulations génétiques, on arrive à
créer ces monstres.
Ce n’est pas bien
de trouver que quelque chose dans le physique de quelqu’un n’est pas très
chouette, je sais. Mais les physiques, c’est un peu comme les civilisations, peut-être
que tous ne se valent pas.
Si on est pas
responsable de son aspect physique, pas plus que de la civilisation à laquelle
on appartient, il me semble que sourire gentiment de temps en temps au lieu de
proférer des insanités, ça pourrait aider à mieux faire passer un physique
austère de ministre de l’Intérieur.
Ou au moins, il
pourrait mettre une cravate rigolote.
mardi 31 janvier 2012
La pauvreté : une valeur-refuge
Investissez dans la
pauvreté, c’est un placement sûr. La pauvreté ne se dévalue pas, la pauvreté ne
perd pas son triple A, d’ailleurs, elle n’a qu’un seul A et elle ne saurait que
faire de deux A de plus.
la pauvreté est en pleine croissance !
Quelle connerie, ce
triple A, c’est bien un truc de triple con. C’est comme si à l’école un élève
avait 60 sur 20. Ce sont des économistes, mais ils ne connaissent même pas les
règles de base du calcul Suisse, ( le calcul emmental ! ).
C’est comme ce
temps du « plus que parfait », comment peut-on être "plus que parfait" ?
Moi-même, bien que
plutôt réussi, je ne dis pas que je suis "plus que parfait", faut
pas déconner, ça ne serait pas crédible.
Je ne sais pas quel est le tordu qui a décidé d’appeler les temps conjugués comme ça.
"L’imparfait",
qu’est-ce qu’il a-t-il fait, pour qu’on décide qu’il n’est "pas parfait", ou même
juste "pas trop mal" ?
Conjuguez le verbe
voter au "pas trop mal du subjonctif" :
Encore eût-il
fallut pour que je votasse que vous me séduisissiez !
J’ai toujours essayé
d’inculquer à ma fille des idées basées sur la non-violence et le respect de
l’intégrité physique des cons, bien qu’il faille faire preuve d’une force de
caractère peu commune pour résister à la tentation du bourre pif dans la
tronche des mal-comprenants, tant le simple fait de les côtoyer nous renvoie
aux instincts les plus bas, aux réflexes les plus archaïques.
Mais il ne faut
pas.
Il faut montrer
l’exemple.
Intelligence =
non-violence, coolitude, maîtrise de soi, langage châtié en toutes circonstances,
( ça veut dire qu’on ne traite personne d’enculé ou de fils de sa race quand on
est en colère ).
C’est vachement
compliqué et ça retient à l’intérieur toute la vilaine violence et après tu deviens tout noué du dedans, et tu retournes la violence contre toi, en devenant prof de Math.
Donc, le type
intelligent, s’il ne tape pas sur des gosses de temps en temps pour se
défouler, il ne peut pas afficher dans ses rapports avec les cons, sa
coolitude-maîtrise de soi.
C’est pour ça qu’il
y a des enfants, sinon pour quoi d’autre ?
lundi 30 janvier 2012
Mon Amérique à moi
Je vous ai déjà
raconté que je suis né dans une caravane ?
Oui, je crois bien,
j’en ai même fait une chanson dans laquelle je raconte comment j’ai été enlevé
par des architectes.
Oui, comme François
Schuiten et Raphael !
C’est très courant,
les familles d’architectes ou d’avocats ou de médecins stériles qui enlèvent
des petits bohémiens pour les enfermer dans des grandes maisons bourgeoises et
leur faire faire 15 ans de piano.
Enfin, dans les
années soixante, c’était très à la mode, aujourd’hui, les grands bourgeois
stériles achètent les enfants par Internet dans des pays où la main d’œuvre est
bon marché, parce que des petits romanichels, il n’y en a presque plus.
Il y a toujours un
moment dans ta vie où en regardant tes parents, tu n’arrives pas à croire qu’ils
sont tes vrais parents.
Sûr que tu es une
princesse qui a été enlevée par des bohémiens et vendue pour quatre sous aux
Thénardier.
C’est la même chose
avec ton pays, il y a des moments où quand tu le regardes, tu te dis que ce
n’est pas possible que ce soit ton vrai pays.
Sûr que je suis né
dans le pays des Droits de l’Homme, de la révolution, du siècle des Lumières et
que j’ai été enlevé par des architectes qui m’ont enfermé dans le pays de
Nicolas Sarkozy !
Comment on va
appeler ce siècle, dans le futur des livres d’Histoire ?
Certainement pas le
siècle des Lumières avec des Séguéla, BHL, Minc, Attali et consorts…Peut-être
le siècle de la loupiote du frigo à la rigueur, ou le siècle des LED ( Light Emitting Diode ), un truc qui
fait moderne, mais qui n’éclaire pas tellement.
C’est quoi, ce pays
riche qui est si pauvre en esprit qu’on est obligé d’entendre toujours les
mêmes cloches raisonner ?
Je me dis que ça va
passer, qu’un jour, même Michel Drucker ne sera plus là, mais en fait non, ils
seront tous toujours là, eux, ou leurs enfants, car ils ont une fâcheuse
capacité de reproduction.
Moi qui ne suis pas
un fana de la reproduction, j’ai mis du temps à comprendre que c’est une
stratégie de conquête qui préside à la nécessité de fabriquer des petits semblables
qui occuperont les postes clés du pouvoir économique, médiatique et politique.
Les architectes sont très bien organisés, ce sont des bâtisseurs de pyramides.
La pyramide, ce
n’est pas la construction la plus compliquée, pas besoin d’être un savant
architecte pour comprendre qu’il n’y a qu’au sommet qu’on ne subit pas la
pression des blocs du dessus.
Je suis né dans une
caravane, dans un pays qui n’est pas le mien, dans le pays de ces gens-là, le
pays des architectes, des avocats, des médecins, des consultants en
communication…
On est tous nés
plus ou moins dans des caravanes, des maisons en carton, des abris d’infortune,
par hasard, en passant par-là, sans stratégie particulière de conquête du
pouvoir, mais les fils d’architectes font des architectes, les fils d’avocats
font des avocats, les fils d’enseignants font des enseignants et les fils de
rien, ne font rien, ce qui est la moindre des choses.
mercredi 25 janvier 2012
« La politique, c’est pas du pour rire, c’est du pour de vrai ! »
C’est ce que disait
le général De Gaulle à des journalistes, mais comme c’était en
« off », on a retenu que « je vous ai compris » et
« vive le Québec libre ».
Mais bon, c’était
un autre temps, à l’époque, pour « faire le buzz », il fallait se
réfugier à Londres, organiser la résistance, libérer Paris outragé… C’était
plus compliqué.
Il faut que je vous
informe d’un truc, c’est que la note sur Bayrou a été reprise par Rue89, le
site d’information et que ça va faire venir sur le blog des News of ze Wens des
milliers de visiteurs Bayrouistes , c’est chouette, non ?
Comment ça, il n’y
a pas des milliers de Bayrouistes ?
Aujourd’hui, un
hommage à Stan Lee et à Christian Barbier, peut-être que ça va faire venir des
milliers de fans de Christian Barbier !
mardi 10 janvier 2012
Le retour du refoulé
François Bayrou
n’est pas de Droite, mais surtout, il n’est pas de Gauche.
Donc, il est de
Droite.
Parce que le
Centre, c’est juste un rond-point autour duquel tu tournes avant de prendre la
première à droite.
Bayrou, c’est le
type de Droite que les gens de gauche aiment le plus, d’ailleurs, lui aussi il
aime bien les électeurs de Gauche. Enfin, de Gauche, disons une "Gauche rond-point",
qui fait que tu as l’air cool tout en souhaitant que les affaires continuent.
Moi aussi, je
l’aime bien François Bayrou, mais c’est juste physique.
Quand il s’est
déclaré candidat, parodiant de façon pathétique l’annonce de candidature de
Mitterrand, je l’ai trouvé tellement touchant, comme Marlon Brando dans
« Le dernier tango à Paris », que j’aurais pu voter pour lui.
C’est comme Eva
Joly, bien qu’elle m’excite moins physiquement, elle a tellement tous les
atouts pour déplaire à ce peuple de nostalgique de la royauté ravi d’avoir de
l’électricité et capable de mettre au pouvoir n’importe quel imbécile qui lui
promet la lune sur écran plasma, que sa maladresse à quelque chose de
séduisant.
François Bayrou est
de retour, ça valait bien une bande-annonce !
Cœur à prendre
Chers candidats à
l’élection présidentielle de 2012, depuis que j’ai l’âge de voter, je joue avec
vous à la démocratie.
Avec enthousiasme
au début, convaincu que mes bonnes intentions, mes idéaux républicains,
finiront bien par triompher, puis scrutins après scrutins, déceptions après
déceptions, l’âge venant, sans autre illusion que celle d’empêcher le pire.
La France des
imbéciles malheureux a même réussi à me faire voter pour Chirac, c’est dire à
quel point toute décence m’a abandonné.
Habituellement,
tout en ayant constaté que le changement que vous nous promettez tous se
résume, en fait, à changer la photo du président dans les mairies, ( sans
compter qu’il y en a toujours un qui ne propose même pas ça ), habituellement,
donc, malgré tout, je sais que j’irai voter et pour qui, longtemps à l’avance.
Pas cette fois.
Cette année, à
quelques mois du premier tour, je m’en fous. Cette élection est celle de trop,
je n’ai plus envie de jouer à la démocratie avec vous.
J’aurais plutôt
envie de jouer à la révolution.
Je ne demande
pourtant pas grand-chose. Bien sûr, j’aimerais sortir du système capitaliste,
vous vous esclaffez bruyamment, j’aimerais qu’on arrête avec les conneries et
qu’on essaie de faire en sorte que la vie soit plus agréable en préservant ce
qui peut encore l’être de la planète, vous vous tapez carrément sur les cuisses
et pleurez de rire.
Je le sais bien,
j’entends depuis toujours que je suis un pauvre utopiste.
Quand je dis que je
ne souhaite pas grand-chose, c’est parce que tout ce qui devrait vous occuper
tient dans trois mots inscrits aux frontons des mairies de France.
Essayez juste de
vous en tenir à ça : Liberté, égalité, fraternité
La liberté, il y en
a de moins en moins, l’égalité est un concept qui vous fait peur, ça va être
difficile dans ces conditions pour la fraternité.
Pourquoi ne pas
enlever cette devise de l’état Français pour la remplacer par : soumission
aux lois du marché, ambition démesurée, égoïsme forcené ?
Pourtant, il a de
l’allure, le vieux slogan désuet. Moi, si je faisais de la politique, j’en
ferais mon seul programme, soyons réalistes, demandons l’impossible.
Vous l’avez compris,
mes chers candidats qui ne m’écoutez pas, cette année, je suis libre. Je suis
un cœur à prendre, on est assez nombreux, je crois, des cœurs à prendre avant
qu’il ne soit trop tard, avant qu’on ne se déplace même plus pour empêcher le
pire.
En veux-tu, en voilà !
Des candidats, il
en tombe dix à chaque fois que tu secoues un arbre !
On ne va bientôt
plus savoir où les mettre, ça va déborder sur la voie public, il va falloir
organiser un tri sélectif pour s’y retrouver.
Je ne sais pas si
le fait que les rayons soient pleins de candidats est un bon signe pour la
démocratie, c’est en tout cas bien à l’image de la société de la surproduction
de cochonneries.
C’est un peu comme
les shampoings.
Un jour, j’ai voulu
changer de shampoing, une folie. J’avais un shampoing socialiste qui était très
bien, mais il grattait un peu et on m’avait dit que c’était plein de produits
chimiques là-dedans.
Et ça ne m’étonne
pas vraiment, parce que la chimie, tout le monde aime ça, à part « les
écolos qui préfèrent la lampe à huile et la bougie ».
Je crois que je vais encore m'égarer dans les méandres de ce cerveau fabuleux et sous employé à écrire des
conneries, alors que la France attend son nouveau Voltaire, mais que
voulez-vous, le siècle des Lumières n’avait pas l’électricité, sinon croyez
moi, Voltaire aussi il aurait perdu son temps à écrire des bêtises sur son
blog.
Ouh, la
vache ! Le début de la divagation est super loin !
Bon, mettez de côté
l’histoire du shampoing, je dois essayer de me dépatouiller avec mon aparté.
C’est parce qu’à la
radio, j’ai entendu le journaliste de Paris Inter dire : « Les
Français sont comme ça, ils sont nostalgiques du Franc, comme les écologistes
le sont de la bougie et de la lampe à huile. »
Ça aurait pu
m’énerver, parce que je suis un ancien écologiste. J’ai passé des années à
économiser l’eau et à éteindre la lumière pendant que Nicolas Hulot faisait de
l’hélicoptère.
Mais c’est fini,
vous avez gagné, vous, tous les autres, les gens qui vivent en gaspillant
pendant qu’une poignée de crétins romantiques font attention à ne pas salir,
vous avez gagné, je me rends. Je n’en ai plus rien à foutre de la planète,
quand celle-ci sera finie, on ira en acheter une autre !
Bon, le shampoing.
Donc, me voilà devant
un rayon de supermarché, ( j’y vais rarement, mais ce jour-là, les gens qui
s’occupent de mon cas estimaient que je ne devais pas constamment fuir la
réalité ), et je me suis retrouvé devant 20 mètres d’étagères pleines de
bouteilles en plastique coloré.
Mais en fait il y
en avait tellement que je n’ai pas réussi à choisir mes produits chimiques et
j’ai préféré regarder une fille qui, après seulement trois heures
d’hésitations, a fini par acheter un truc.
J’ai pris la même
chose, pour gagner du temps, et je me suis aperçu une fois rentré chez moi, que
cette conne avait choisi le shampoing socialiste qui gratte un peu la tête.
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