jeudi 15 janvier 2015

Caricature existentielle


Lire le tout nouveau numéro de Charlie Hebdo, c'est bien, mais il y a aussi un très bon "Canard enchaîné" en kiosque depuis mercredi, avec un bel hommage à Cabu.



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mercredi 14 janvier 2015

Je suis épuisé

Je pense tout à coup à Robert, vieil anar qui a depuis des années cessé tout contact avec la civilisation en jetant sa télé et sa radio à la décharge. 
Perdu dans la montagne, il a prit ce matin sa bicyclette pour descendre au village comme tous les mercredis, pour boire un canon et acheter Charlie Hebdo, parce qu’il faut tout de même se tenir un peu informé, nom de dieu !
Robert, il n’est pas au courant, pour les marches citoyennes, les Marseillaises, les minutes de silence.
Robert il pense qu’il va acheter son journal comme tous les mercredis et qu’il y aura dedans Oncle Bernard, Cabu, Wolin et tous les autres pour le faire marrer.
Ce qu’il va chercher, c’est “Charlie Hebdo journal irrévérencieux”, pas “Charlie Hebdo journal consensuel”.
Les premiers temps, quand il s’est installé dans ce coin de France profonde et qu’il allait acheter son Charlie, on lui répondait qu’il n’y en avait pas.
Aujourd’hui, le marchand de journaux lui a dit qu’il n’y en avait plus, et il a collé sur la porte vitrée un petit panneau “Je suis Charlie” avec écrit dessous “Charlie Hebdo rupture de stock”.
Robert, il n’aura pas son journal aujourd’hui. 
Les Charlie Hebdo, il les lit tous depuis le premier numéro et il allume le feu avec après. Il ne revendra pas sa collection à prix d’or sur ebay.

Il est remonté sur sa bicyclette, vers sa montagne, vers sa solitude de vieil anar qui a cessé depuis des années de fréquenter la connerie civilisée des moutons de Panurge, un peu plus seul, sans Cabu sans Wolinski, sans Charb, sans Honoré, sans Tignous et sans l’oncle Bernard. 


lundi 12 janvier 2015

Toute ressemblance avec des évènements des personnes ou des pigeons existants ou ayant existé ne saurait être que fortuite



C'est quoi la liberté d'expression ? 1 jour 1 question par Jacques Azam : ICI

Pas de dessins pour Charlie Hebdo aujourd'hui


C'est pas des dessins, c'est de l'écriture et puis, il n'y a pas de kalachnikov, ni de crayon à la mine brisée, (snif !) ou de petits dessinateurs sur des nuages avec dieu qui est grognon parce qu'ils vont dessiner des bites partout, ( hu hu hu ! )
J'ai entendu que Plantu s'est proposé pour le prochain Charlie Hebdo...Oulalah ! ça va être rigolo alors !

à nos chers disparus

La page de commentaires sur le blog éphémère de Charlie Hebdo en 2012 : ICI
J'aime particulièrement celui-là, qui n'est pas "dénudé" d'une certaine poésie de footballeur...

samedi 10 janvier 2015

Mais bordel, où c’est que j’ai mis mon crayon ?

L’avalanche de dessins en hommage à Charlie de la part des dessinateurs est normale. 
On est dessinateur, on est touché, on dessine : Normal.
Le jour des assassins, je n’ai pas dessiné, j’ai pleuré. Le soir, j’ai quand même fait un dessin, mais il était moche, raté, merdique et comme n’importe quel imbécile, je l’ai mis sur mon blog pour faire quelque chose, en écrivant : “JE SUIS CHARLIE”.
C’était dérisoire, mais quoi faire d’autre à part rien ?
C’est quoi, “être Charlie” ?
Charlie Hebdo, la presse ne l’a pas suivi quand il a publié les caricatures du prophète. aujourd’hui, sous le coup de l’émotion tous les médias sont en NOIR et tous les dessinateurs y vont de leurs petit hommage en forme de crayon brisé par la barbarie.
Tous “sont Charlie”, mais aucun ne dessine une caricature de Mahomet avec un crayon dans le cul, ( si je peux me permettre cette image grotesque avec tout le respect que j’ai pour les crayons ).
Personne “n’est Charlie” à part Charlie Hebdo.
Et puis, c’est quoi cette façon d’envoyer ses dessins/hommages aux rédactions des grands journaux ?
Il y a un côté qui m’attriste dans cette communication m’as-tu-vu, ( en plus de la mièvrerie de la plupart des dessins ), c’est le ridicule du “je tweette donc je suis” et “regardez comme on est beaux”.
Peut-être “qu’être Charlie”, aujourd’hui, quand on est dessinateur, c’est ne plus dessiner. 
C’est montrer quelques temps ce qu’est la presse quand on tue les dessinateurs, c’est de ne laisser dessiner mercredi prochain que les membres de Charlie Hebdo, seuls, sans Cabu, sans Charb, sans Wolinski, sans Honoré, sans Tignous… Sans les bonnes âmes prêtes à reprendre un flambeau trop lourd pour leurs épaules.
Laisser dessiner ceux qui restent. Ceux qui sont vraiment Charlie.
Une semaine sans dessins nulle part sauf dans Charlie, ça aurait de la gueule. 
Et puis ça laisserait un peu de temps à tous les porte-crayons de la liberté d’expression, de fourbir leurs armes pour être plus inspirés que tout ce que j’ai vu jusqu’ici.
Bordel de dieu, ne pas donner le sentiment d’essayer de placer ses dessins médiocres sur les cendres encore chaudes de nos confrères.
Cela ne va pas être facile de remplacer Cabu, Wolinski, Charb, Honoré et Tignous.
Ils ont été abattus par des lâches, les “guerriers de l’islam” sont des couilles molles qui tirent sur des hommes désarmés assis autour d’une table et sur un policier à terre. Personne de sensé ne peut se reconnaître dans de tels crétins.
Pour les musulmans intelligents, il ne suffit plus de condamner mollement les actes terroristes, maintenant, il faut aussi agir. Il faut venir dans la rue manifester son indignation, il faut “être Charlie”avec les démocrates laïques, Athées, chrétiens, juifs, bouddhistes… ( on oublie toujours les bouddhistes sous prétexte qu’ils n’ont encore massacré personne ).
Il ne faut pas de rassemblements trop blancs dans les rues, il faut voir toutes les couleurs de la république française, sinon vous donnez raison à ceux qui n’ont besoin de vous que pour marquer des buts ou courir très vite.
Je peux comprendre que les musulmans intelligents aient peur de venir dans les rassemblements pour Charlie, pour les victimes des fous de dieu, pour la liberté d’expression, mais il faut à présent avoir le courage d’exister en tant que citoyen. Il est temps de choisir clairement entre la civilisation et la barbarie.
Je crois qu’on sera heureux de les voir parmi nous “être Charlie”.




mercredi 7 janvier 2015

Ich bin ein dessinateur


Dérisoire et peut-être même un peu ridicule, comme souvent les slogans, mais moi qui n'ai pas un esprit très corporatiste, je ne me suis jamais autant senti dessinateur qu'aujourd'hui.
Aujourd'hui je chiale, je ne dessine pas.