dimanche 17 juillet 2016

Moi et mon double maléfique


J’ai eu hier une intéressante discussion avec mon double maléfique.

Il me disait, à la suite des récentes tragédies, avec le cynisme qu’on lui connaît, il me disait donc : quelle bouillie de sentiments, quel fatras de prise de positions grotesques, de lieux communs, d’indignations à la syntaxe limitée, florilège de “c’est juste pas possible”, de “je vomis ceci, je vomis cela”.

On vomit beaucoup, ces temps-ci. On a vomi le foot, on vomit les incompétents qui incompètent à la tête de “Notre France” pays des droits de l’Homme et du fromage, on vomit bien sûr, la religion, les fanatiques, l’été pourri…
Les moins sujets à la nausée sombrent dans un délire compassionnel à base de bougies, de cœurs gros comme ça et de dessins plus pitoyables les uns que les autres.

Je lui ai dit “ta gueule !” à mon double maléfique. C’est pas en tenant de tels propos qu’on va avoir plein de petits cœurs est de pouces levés !

Mon double maléfique, c’est pas le mauvais bougre, mais il voit le mal partout.
Même chez les braves gens.

moi, je ne sais plus.

Le monde part en couille depuis déjà pas mal de temps, depuis probablement l’aube de l’humanité, depuis que le premier connard a foutu son poing sur la gueule de l’imbécile d’à côté pour un détail, une divergence de vues, un mammouth mal garé.

Mon double maléfique est allé chercher quelques textes magnifiques de stupidité, sur les réseaux sociaux, pour me mettre le nez dans le caca.

Ce qui est effrayant, ce n’est pas que sous le coup de l’émotion des gens expriment leur colère, leur angoisse, leur tristesse… maladroitement. 
Non, ce qui est affligeant, ce sont les commentaires approbateurs de leurs “suiveurs”, tous unis dans la bêtise de l’instant. 

J’ai dit à mon double maléfique qu’il ferait mieux de fermer son compte Facebook, en plus de sa gueule.

La grande force de la démocratie, c’est justement cette faiblesse qui lui est reprochée.
Aussi abjects que soient les crimes commis par les déséquilibrés qui agissent au nom d’un dieu hypothétique, preuve qu’ils relèvent bien de la psychiatrie, la réponse n’est pas moins de liberté, ni moins d’humanisme.
Le “mal” ne se combat pas par le “mal”, ce serait trop facile. 

Derrière les appels vindicatifs à ce que l’état, c’est à dire le gouvernement, règle “le problème du terrorisme en agissant enfin” comme on peut le lire chez nos grands penseurs et poètes des réseaux sociaux, se dissimule à peine un désir d’épuration.

Faire naître la peur de l’autre, puis la haine, en l’occurence celle de tout ce qui est basané, portant un foulard ou vaguement suspect d’appartenir à “l’autre camp”, c’est le but recherché par les organisateurs de cette guerre des décérébrés.

Ils sont en train de réussir.

Les braves gens du café du commerce en ligne, qui ont visiblement des idées précises derrière la tête, devraient les exposer clairement, que l’on soit au moins fixé sur cette France forte qu’ils appellent de leurs vœux. Se contenter d’évoquer des “mesures à prendre” sans préciser lesquelles est un peu facile.

Prendre des mesures contre une poignée de jobards dissimulés dans la population est impossible. Inutile de rêver. Il font des centaines de victimes parce que c’est simple de faire un carnage dans une foule. 

Alors quoi ?
fermer les frontières, déployer l’armée, organiser l’extradition des ressortissants étrangers musulmans, déporter vers des camps de rééducation les français d’origines un peu louches ?
c’est à ça que vous pensez ?
Beau programme.

L’idée que le pays fait face à une guerre se heurte à une population de consommateurs qui veut  passer des vacances tranquilles. qu’on lui trouve des solutions radicales pour continuer à vivre l’illusion d’un monde en paix.

L’état islamique fait moins de morts en France que la pollution par les particules fines. Mais la pollution, c’est moins spectaculaire qu’un carnage en camion, on n’exigera pas du gouvernement un état d’urgence sanitaire, me souffle mon double maléfique. 

S’il te plaît, ne mélange pas tout, toi aussi, que je lui dis en le rentrant dans sa cage.

Comme j’aimerais ne pas être effrayé (aussi) par mes compatriotes et par moi-même.

Nous avons du mal à concevoir que des gens puissent nous haïr et vouloir nous soumettre, mais ces choses arrivent, elles se sont déjà produites et d’autres que nous en ont souffert.

C’est dur, c’est choquant, c’est révoltant, mais nous ne devons pas sacrifier en plus, ce pourquoi les victimes des attentats sont tombées : notre liberté, notre égalité, notre fraternité. 
Même si ces grands mots paraissent parfois bien utopiques, c’est tout ce que nous avons en magasin pour ne pas sombrer.

lundi 11 juillet 2016

La commedia è finita


Et voilà, c'est terminé. Allons braves gens et grands esprits que ces choses là énervent ou dépassent, avouez que ce n'était pas si pénible. Vous allez pouvoir retourner à vos révolutions, vos préoccupations importantes, vos réflexions profondes.
Le petit peuple s'est diverti, il a oublié ou fait semblant d'oublier, la merde ambiante de laquelle, heureusement, les beaux esprits, les intellectuels donneurs de leçons et les citoyens éclairés vont, n'en doutons pas, grands cœurs comme ils sont,  le sortir dés qu'ils auront terminé de vomir.

vendredi 8 juillet 2016

Le BISCOTO numéro 40 de l'été 2016 !



Voilà, il est arrivé ! 
Tout beau, tout frais, tout craquant ! 
Avec des jeux, des gags, des coloriages et des découpages pour bien bousiller son exemplaire ( pensez à en acheter un de plus pour ranger dans le coffre fort et pouvoir spéculer dans cinquante ans quand on ne trouvera plus aucun numéro en bon état ! Un investissement pour le futur !).

On s'abonne ici : BISCOTO journal

Et voici en bonus le strip de Lily et Coin-Coin du mois, puisque le thème est "faites vos jeux" :


( pour lire la solution du rébus faites attention en retournant votre ordinateur que les pixels ne tombent pas au fond )

vendredi 1 juillet 2016

Waaahhh...


J'avais un grand père qui suivait le Tour de France, mais quand même, je sais pas bien faire les vélos !


mardi 28 juin 2016

L'état de sidération


C'est une expression entendue, serinée pendant un jour ou deux sur France info après le meurtre des deux policiers de Magnanville. 
"Le petit garçon est toujours dans un état de sidération".
Quand tu vois ta maman être tuée à coups de couteau, les médias compatissants te trouvent une formule à la con rien que pour toi.
Ils t'inventent l'état de sidération.
J'imagine que ça doit être une expression de psychiatre qui a fait mouche dans l'esprit d'un journaliste inspiré.
Je ne peux pas m'empêcher, quand je l'entends, de penser à François Hollande, mais ça marche aussi avec son glorieux prédécesseur.
L'état de sidération, ça définie bien l'état de la France depuis de nombreuses années.
On attribut à Louis XIV la fameuse phrase "L'état, c'est moi" qu'il n'a vraisemblablement jamais prononcé, on pourrait tout aussi bien ne retenir du quinquennat de François Hollande que la formule apocryphe "L'état de sidération, c'est moi !"

lundi 27 juin 2016

Bagarre


Fighting spirit et toutes ces sortes de choses essentielles à la survie.

Sans un esprit raisonnablement combatif, pas de victory possibeule ! 

Ce qui est intéressant dans les rencontres sportives, c'est d'observer les mécanismes de la victoire quand les forces en présence sont inégales, même si, en général, les plus forts gagnent à la fin.
L'Euro de football à été conçu de telle façon, avec un système de poules, que les équipes les plus fortes n'ont à rencontrer jusqu'en quart de finale que des nations plus faibles qui, pour réussir à se qualifier, n'ont d'autre choix que de fermer le jeu et faire preuve de ce fameux fighting spirit en espérant que ça passe sur un malentendu ou une contre attaque.
Ça donne des matchs assez chiants à regarder, il faut bien l'avouer quand on est pas supporter.
Hier soir, la Belgique des "Diables rouges" qui jouait en vert clair rencontrait la Hongrie en rouge.
C'est une histoire d'équipe qui reçoit, je vous passe les détails vestimentaires et protocolaires, vu qu'il est de bon ton de se croire intelligent en vomissant sur le foot, j'imagine que les grands esprits sont déjà repartis lire Spinoza.
Donc, la Belgique ( les plus forts ) et la Hongrie ( les plus faibles mais combatifs ) jouaient à la baballe pour une place en quart de finale du truc dont vous avez dû entendre un peu parler.
Les Hongrois auraient pu faire comme toutes les équipes réputées plus faibles, c'est à dire défendre sur le mode blocus, en restant 90 minutes à 11 dans leur camp en espérant que Eden Hazard se fatigue et en comptant sur le fameux fighting spirit qui est sensé faire des miracles.
On se serrait fait chier autant qu'avec un match de l'équipe de France ( tout à été prévu pour que la France ne rencontre que des équipes à fort potentiel "d'esprit combatif" et faible capacité de jouer au football ), mais les Hongrois, merveilleux Hongrois, ils étaient venus dans ce stade pour jouer.
Ils ont pris 4 buts, les Hongrois, parce qu'ils étaient moins forts, mais ils ont joué jusqu'au bout en attaquant, sans empêcher Hazard de faire le spectacle en lui collant deux chiens de garde pour lui mordre les mollets. 
Au lieu de perdre 1 à 0 en faisant chier tout le monde, les Hongrois ont perdu 4 à 0 en jouant bien au football. Les Belges ont été très bons, mais sans les Hongrois, on aurait encore une fois perdu une heure et demi de notre vie en se disant qu'on est bien con de continuer à regarder ces matchs de foot médiocres qui ravalent l'honnête homme au rang de la brute épaisse et du buveur de bière nationaliste.