samedi 23 mai 2015

Un peu de politique fiction...

Bipartisme :

D’un côté on mettrait le peuple de gauche, de l’autre celui de droite, avec entre les deux un no-man’s land avec François Bayrou.

Avec ce qui se passe en politique en France ces derniers temps,  le “désemparement” nous guette.
Devoir un jour choisir entre François Hollande, Nicolas Sarkozy ou Marine Lepen, c’est ce qui est en train tout doucement de s’organiser. Le but du jeu, pour les deux mâles dominants étant bien sûr de se retrouver seul au second tour face à l’affront national.
Tant qu’il restera dans ce pays assez de gens raisonnables pour faire barrage à l’extrême droite même en votant pour des idées opposées aux leurs, ce calcul de Machiavel de Prisunic permettra à ces médiocres d’occuper le poste de président des nouilles molles.
Pour briser ce cercle infernal qui consiste à d’une part se faire piéger dés le premier tour par un “vote utile” contre nature, juste pour éviter le pire et d’autre part à élire un tartuffe au second tour pour faire, non pas un barrage contre le Pacifique, comme Marguerite Duras, mais tout de même un barrage à la vague brune Marine, je ne vois qu’une solution rationnelle :

Voter François Bayrou.
(Ah ah ah ! J’ai de ces idées à la con !)

François Bayrou, c’est le gars pour qui tout le monde voterait s’il était au second tour mais pour qui personne ne vote au premier tour.
Comme Paul Claudel derrière son pilier de Notre Dame touché par la Grâce divine, j’ai eu la révélation. 
Pourquoi tout ce orange si ce n’est pas pour que je m’intéresse à lui ?
Comment s’appelle son mouvement déjà ?
Le Minitel, non, le ModeM ! Le ModeM, c’est pas bleu blanc rouge, ou bleu, ou blanc, ou rouge, c’est ORANGE !
Orange, ode des espoirs ! Ô vieille herse ennemi ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers, que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?

Mais bon sang ! François Bayrou, c’est Don Diègue ! C’est même Don Diègue de la Véga, c’est ZORRO !
Un zorro qui a choisi la voie du milieu et la robe orange, un zorro zen !


Ces petits médicaments contre le rhume des foins sont vraiment épatants.

jeudi 21 mai 2015

Dans Charlie cette semaine...


On apprend l'intention de Luz de quitter le journal en septembre. Il publie aussi un livre chez Futuropolis : Catharsis 
Après l'hécatombe du 7 janvier, Riss et Luz ont tenu le journal à bout de bras d'une façon étonnante, on peut comprendre que ces survivants aient envie de passer à autre chose, c'est le cas de Luz qui s'en explique très bien, notamment ici : interview de Luz par Vincent Brunner
Il fallait quelqu'un pour se coller à la tache de réaliser dans l'urgence des Unes dignes de Charlie Hebdo, pour montrer que le journal était encore vivant. Luz y a sans aucun doute laissé beaucoup d'énergie. 
Il va manquer, lui aussi à Charlie, qui est en train d'opérer doucement sa mutation. 
Ce qui se passe avec ce journal est une aventure éditoriale inédite, c'est très intéressant à observer. Il faut d'un côté garder la ligne éditoriale historique et d'un autre s'ouvrir à de nouveaux auteurs. Si Luz quitte Charlie parce que la futilité de l'actualité politique ne l'intéresse plus, c'est dommage qu'il ne puisse pas rester en exprimant des choses différentes au sein du journal. 
Peut-être que Charlie Hebdo a besoin d'évoluer vers une formule moins centrée sur la caricature politique, mais vers une expression engagée d'auteurs qui parlent du monde d'aujourd'hui. 



mercredi 20 mai 2015

Bloir c'est Bloir... ( modèle déposé )

Putain, mais quel printemps pourri !
Ce matin, j’étais tranquillement en train de chaparder des cerises quand il s’est mis à pleuvoir.
Oui, parce que tous les matins, je promène le chien, ou l’inverse, je ne sais plus trop. Environ 3 quart d’heure de balade quotidienne dans la cambrousse. C’est bien, parce que je vois chaque petit changement de la moindre brindille s’opérer avec les saisons. 
Ma promenade passe à côté d’une maison avec deux cerisiers chargés à bloc de fruits. C’est pas tellement par nécessité que je pique des cerises, j’en ai plein chez moi, mais là, dans le petit matin, c’est sympa d’en manger quelques unes dans l’arbre, avec ces cons d’oiseaux qui ont l’air de me dire : “Mais casse toi, c’est à nous !” Et “t’es un peu gros pour un oiseau !”
C’est une maison qui appartient à des qui sont pas là. Il y en a plein par ici des baraques de Cadet Rousselle.
Des gens qui ont des sous pour avoir plusieurs maisons, plusieurs canapé-télés, plusieurs lits, plusieurs cabinets de toilette et un seul cul à mettre dedans.
Pendant qu’ils sont occupés à faire leurs besoins ailleurs, moi et les oiseaux, on leur chipe des cerises. 
Il y en a d’autres qui passent prendre le frigo et la télé, parfois, parce que les gens volent aussi des trucs qu’ils ont déjà.

Je suis rentré trempé et c’est là que j’ai eu l’idée d’inventer une couleur.
Comme Lovecraft : “La couleur tombée du ciel”

J’ai acheté l’année dernière des pinceaux à réservoirs pas cher quand je me suis fâché avec mr Pentel qui est un escroc.
Le fameux stylo pinceau à encre noire indélébile, il est sympa, mais quand le jeu de 4 cartouches a dépassé les 8 € je me suis dit que ça commençait à bien faire d’être pris pour un con sous prétexte que je fais l’artistouille.

C’est jamais que de l’encre, je suis sûr que c’est moins cher au litre d’acheter du plutonium !

Donc, j’ai décidé que j’allais remplir moi même un pinceau avec réservoir d’eau en mettant de l’encre à la place de l’eau.
Vous suivez ?
Je retrouvais alors l’instinct de mes ancêtres prolétaires adeptes de la secte des adorateurs du système D, revoyant dans un flashback au ralenti mon père, debout sur la cuvette des WC, réparant la chasse d’eau avec une semelle de chaussure. Pris d’une frénésie quasi mystique, j’entrepris de découper au cutter ce foutu stock de cartouches bleues que je traîne depuis 20 ans et à l’aide d’une seringue, j’injectais l’affreux bleu-stylo-plume dans le pinceau à réservoir.
Le tour était joué.
Sauf que c’est quand même un bleu dégueulasse, comme dirait Jean Seberg, alors j’ai coupé le produit avec des cartouches d’encre noire.

Ce qui m’a permis de créer une superbe couleur du plus bel effet, pour un prix modique et seulement deux heures de nettoyage de la table et du mur et un T-shirt et un pantalon signés Jackson Pollock, ça vaut vachement le coup, c’est pour ça que je vous donne le truc.



ça m’a aussi inspiré le début d’une chanson que je tiens à la disposition de Calogéro : 

“La vie c’est parfois bleu  
La vie c’est parfois noir  
Si t’es qu’à moitié heureux  
C’est que tu broies du bloir".

lundi 18 mai 2015

Un gros BISCOTO




Encore un strip pour BISCOTO ! Cette fois, il s'agit d'un "strip géant" 28 X 55 destiné au journal géant qui sera présenté dans le cadre de l'exposition BISCOTO du Festival International du Roman Noir de Frontignan du 22 au 28 juin 2015.


samedi 16 mai 2015

Sur la table : "Un métallo nommé Cipputi" de Altan

Edité par ARTEFACT dans la collection “serpentins” en 1983 pour la version française.




En ce moment, je relis des albums publiés dans les années 70 et 80, ils prennent une nouvelle saveur, car mes goûts se sont affinés. Je me rends compte que j’ai acheté des choses un peu “hors normes” d’une façon intuitive depuis toujours. Des livres qui m’intriguaient, qui étaient différents.
C’est ainsi que j’ai acheté cet album d’Altan que je ne connaissais pas, chez un bouquiniste. 
Je n’ai pas tellement aimé ce livre, mais j’étais fasciné par le graphisme. 
Aujourd’hui, le relisant, il me plaît davantage, car c’est du dessin de presse politique et même s’il s’agit d’une période ancienne et d’un autre pays, l’Italie, je suis plus réceptif qu’à 20 ans à son humour, et puis, finalement, à part la “mystérieuse disparition de la classe ouvrière”, rien n’a tellement changé.
Une des bonnes raisons de vieillir, ça reste cet étonnement permanent de découvrir des choses nouvelles dans ce qu’on croyait connaître. J’ai perçu ça très tôt,  enfant, en relisant régulièrement mes albums d’Astérix. Chaque année, je comprenais des jeux de mots qui m’avaient échappés. Je me suis dit que, finalement, grandir, ça servait à quelque chose.
Revenons à notre Italien, ALTAN, et à son métallo Cipputi. 
L’album a une très belle couverture orange, rien que pour ça, je devais l’acheter ! Il est en noir et blanc avec par-ci par-là quelques dessins en couleurs.
Il s’ouvre sur une introduction de Georges Wolinski, qui parle du dessin et des dessinateurs. J’ai toujours beaucoup aimé lire les textes de Wolinski quand il cause du métier et de ses goûts en matière de dessin. On peut lire avec bonheur les éditos de Charlie Mensuel quand il en était le rédacteur en chef.
“Le dessin d’ALTAN est aussi étrange que celui d’un Martien”, dit Wolinski et c’est exactement l’effet qu’a produit sur moi la découverte du graphisme de cet auteur.

Après, ou peut-être à la même époque, mais je ne l’ai lu que plus tard, ALTAN sera connu pour son “roman graphique” paru dans le magazine “A SUIVRE” “Ada dans la jungle” qui est un des albums que je relis régulièrement ainsi que “Fritz Melone” également chez Casterman et “Zorro Bolero” chez Albin Michel, mais je poserai peut-être ces bandes dessinées sur la table un de ces quatre.










Voici ce que l’on trouve sur ALTAN  chez le "Wikipédiatre"  
Né dans une famille aristocrate italienne, il passa son enfance à Trévise. Il quitta la ville pour suivre des études d'architecture à Venise, puis alla à Rome pour se consacrer au cinéma. À l'âge de 28 ans (en 1970), il quitte l’Italie pour le Brésil, et reste cinq ans en Amérique du Sud où il découvre ses deux passions : sa femme et l'illustration. Dessinateur humoriste où il égratigne la société italienne (syndicats, politique, Église, Mamas…) et fustige la corruption en Amérique latine, la naissance de sa fille Kika lui fait aborder en parallèle les albums pour enfants.

On trouve aussi une petite photo et l’on est un peu déçu de constater qu’il a un nez normal.



Les femmes dessinées par ALTAN sont belles, sensuelles et dominatrices, elles ont de jolis orteils, des poitrines délicates et des paupières lourdes. Les personnages masculins sont veules, vils et laids. ALTAN est féministe et son trait en forme de “nouille molle” est plus acerbe qu’il n’y paraît. 

vendredi 15 mai 2015

Le mercredi, c'est Charlie !


Saperlipopette ! On est déjà vendredi !
Je dois bien avouer que je n'ai jamais lu Charlie Hebdo avec autant de régularité que depuis la reprise post attentats. J'étais ce qu'on appelle un "lecteur occasionnel" et puis plus lecteur du tout à cause de Philippe Val.
Mais j'adore commencer ma journée en buvant un café tout en parcourant un journal. Finalement je prends beaucoup de plaisir à renouer avec Charlie. 
Je retrouve la joie hebdomadaire de l'ancien lecteur de Pif. Bien sur, il manque le gadget, mais je frémis en pensant à ce que pourrait être les gadgets de Charlie Hebdo !
En fait, je me rends compte que ça fonctionne mieux quand on est un lecteur régulier.
J'aime bien retrouver la rubrique écologique de Fabrice Nicolino,(son site excellent ici), le feuilleton de la reconstruction de Philippe Lançon, victime toujours hospitalisée de l'attentat, par exemple...


Un petit visuel pour le journal Biscoto
dont Lily et Georges-Henri Coin Coin sont devenus les héros !


mercredi 13 mai 2015

Le Biscoto de mai



La petite phrase qui sert de thème de ce mois-ci, c'est "Mon trésor". J'aime bien ce principe adopté par le journal d'un thème basé sur quelques mots évocateurs, ça donne des interprétations originales tout en créant un esprit d'ensemble.

La suite du strip dans BISCOTO bien sûr !

mardi 12 mai 2015

Les grands penseurs de notre temps


Après Spinoza, nous parlerons aujourd'hui de Luis Fernandez.
Non, je déconne, inutile de parler de Luis il faut juste l'écouter, la poésie du 21e siècle ce n'est pas seulement Houellebecq.

vendredi 8 mai 2015

Sur la table : “L” de Benoît Jacques

Je vais poser de temps en temps sur ma table un livre que j’aime beaucoup, une occasion de revenir sur un ouvrage publié il y a peu, longtemps, ou très très longtemps.
Les livres disparaissent si vite.
Ils passent comme des TGV dans la nuit, pour paraphraser François Truffaut : 
“Les films sont comme des trains dans la nuit” 
Belle formule qui évoque les petites images qui se succèdent sur la pellicule, comme les vitres éclairées d’un train qui passe dans l’obscurité... ou les cases d’une bande dessinée.


Benoît Jacques fait les livres qu’il a envie de faire et il les édite lui-même. Vous pouvez les trouver sur son site : 


Quand on a en mains un de ces livres particulièrement soignés dans les moindres détails de leurs conceptions : formats, choix des papiers, mises en pages… On perçoit clairement l’intention de l’auteur de fabriquer des ouvrages qui lui ressemblent et qui ne soient pas contraints par quelque format d’une collection imposée.
Benoît Jacques est un homme libre.
Les auteurs qui s’auto-éditent sont toujours un peu soupçonnés de le faire parce qu’aucun éditeur ne veut produire leurs livres.
C’est quelquefois vrai, mais quand on voit les tonnes de daubes que publient les éditeurs de BD, on ne peut que douter de la pertinence de leurs choix.

Tout cela est affaire de goûts, et le lecteur de Lanfeust de Troy ou de Largo Winch ne sera probablement pas celui des livres de Benoît Jacques, bien qu’on puisse voir des choses plus surprenantes dans ce curieux monde des amateurs de papier.





“L” est une exception à la règle des “Benoît Jacques Books” puisque Benoît Jacques a été édité par “L’association” pour cet ouvrage extrêmement intime et expérimental. 
Raconter “L” n’est pas possible, c’est un flux d’images au graphisme enlevé et libéré qui explose à chaque page. Rien n’est simple, rien n’est clair, tout peut être interprété.
Voilà bien un livre déconcertant, mais si je devais emporter une bande dessinée sur une île déserte, je choisirais cet album.
Je ne ferais pas mieux que l’excellente chronique de Christian Rosset sur du9 en juillet 2010 pour vous donner envie de lire “L”. 


jeudi 7 mai 2015

Le cerveau, c'est comme du porridge chaud


Ne cherchez pas une chute amusante à ce strip, il n'y en a pas c'était juste pour le plaisir de dessiner un bocal avec à l'intérieur le cerveau d'Emmanuel Todd !

Un très bon numéro de Charlie sur la table cette semaine, avec une Une qu'on se réjouit de trimballer dans la rue en sortant de chez la marchande de journaux ! 
Maintenant que Charlie est mis bien en évidence, je me marre à chaque fois que je vois la couverture trôner à l'entrée de la boutique. Cette semaine, la marchande me l'a tendu couverture rabattue vers l'intérieur, je ne sais pas si c'est un hasard ou si elle a craint pour mon intégrité physique car je devais traverser le marché pour retourner à ma voiture.
Les survivants de Charlie ont repris du poil de la bête ( immonde ! ), et les petits nouveaux se sont mis au niveau. Luz , Riss et Coco tiennent la baraque et le rédactionnel est de qualité, même si le trou dans l'eau de ceux qui sont morts n'est pas près de se refermer, comme le chantait Brassens.