vendredi 23 juillet 2010

Clique un peu pour voir, si t’es un homme…


En discutant banalement de choses et d’autres, comme on fait quand on est un garçon bien élevé, je me suis aperçu, (car je suis très finaud !), que des gens visitaient le blog des NEWS of ze WENS régulièrement sans que je m’en aperçoive.
Je veux dire des « peoples », des gens du peuple quoi !
Ben oui, les « peoples », c’est nous, les « anonymes », pas les malheureuses victimes de la télé.
Les « anonymes » dans les médias, ce sont les gens qu’on interroge dans la rue et dont on ne connaît pas le nom. Mais ils ne sont pas anonymes, rappelons qu’ils ont un nom tout de même, c’est juste qu’on ne prend pas la peine de le leur demander.
Synonymes d’anonyme : Les gens – Les quidams – La ménagère de moins de cinquante ans, (  ça c’est moi !) – Le citoyen lambda, etc…
Le citoyen Lambda, c’est pas un peu Africain comme nom ça ?
Non, en fait, c’est Grec. C’est la onzième lettre de l’alphabet grec.
On a donc échappé au « citoyen Bêta », ce qui était quand même un peu trop évident pour designer « l’Homme de la rue » !
 Ah, « l’Homme de la rue », cette espèce en voie de disparition, appelée à être remplacée par « l’Homme du supermarché », « l’Homme du parking » et « l’Homme du MacDonald ».
Bon, enfin, on ne manque pas de mots pour nommer les "anonymes" qui font la gloire des marchands de vide.
Si vous n’achetiez pas les romans d’Amélie Nothomb, on ne la verrait pas remuer sa grosse tête de gondole partout à chaque rentrée littéraire. C’est quand même un peu de la faute des « anonymes » si Johnny Halliday est le chanteur Suisse le plus célèbre de France.
C’est facile pour un « anonyme » de voter Fandango Barbacol, de s’en laver les mains, puis de gronder que c’est la merde, comme s’il n’avait rien à voir là-dedans.
Sur Internet, les « anonymes » ne laissent pas leurs noms, ils prennent des pseudos stupides, comme si quelqu’un en avait quelque chose à foutre de leurs noms d’anonymes.
Moi, en tant que phare de la pensée, il n’est pas rare que la première chose qu’on me demande, c’est si je suis connu.
 Déjà, c’est bien de la part d’un « anonyme » d’avoir la présence d’esprit de poser cette question qui induit une certaine conscience de son manque de culture.
« Moi je l’connais pas, ce wens, mais y a p’tête ben quéqu’un qu’en a entendu parler ! »
J’aime bien aussi la question touchante de naïveté : « Mais sinon, c’est comment, ce que tu fais, c’est bien ? ».
Très franchement, je réponds, que ce n’est pas très bon, je fais tout pour que ce soit sans intérêt, on ne sait jamais, les gens pourraient en parler entre eux, et ça pourrait se vendre comme du Marc Levy, mais c’est vachement dur d’atteindre un niveau de médiocrité suffisant pour séduire les lecteurs occasionnels, ( qui font les grands succès, eh oui !).
(Ça fait le mec qui se la pète dans l’underground, mais il faut bien répondre quelque chose).
Le plus amusant ces derniers temps, c’est d’expliquer que je fais une bande dessinée de 140 pages sur un type qui entre dans un centre de soins palliatifs. Je me régale des : « Mais pourquoi tu fais pas plutôt quelque chose comme Titeuf ? »
Oui, pourquoi ?
Et pourquoi Picasso il a pas fait un truc comme Titeuf ?
(C’est pas pour comparer, Picasso est quand même un petit peu plus génial que moi, c’est pour dire, quoi !).
 Même Picasso, il était emmerdé par des « anonymes » qui venaient lui casser les bonbons avec des : « Mais pourquoi tu fais pas comme Vélasquez ? Que si ça se trouve, ça marcherait mieux que tes bonnes femmes avec la gueule de travers ! »
Je vous cause de Picasso, parce que c’est un peintre que j’adore pour pleins de raisons et qu’en plus il portait des marinières pour faire comme moi.
En ce moment, je lis des tas de bouquins sur sa vie, son œuvre et la raison pour laquelle il n’a pas fait Titeuf et c’est passionnant pour comprendre le mécanisme de la création, les motivations des artistes et toutes ces sortes de choses.
Je ne connaissais pas le livre de Brassaï « Conversations avec Picasso » ( éditions Gallimard ), et grâce à un incendie, je me suis retrouvé avec cet ouvrage destiné à la poubelle, dont j’ai poncé la tranche au papier de verre pour enlever le roussi, parce que je n’aime pas qu’on jette des livres.
C’est donc un livre qui a une histoire et qui sent un peu la fumée.
J’aime bien aussi qu’il m’ait été donné, comme ça, il n’est pas juste un livre parmi tant d’autres. En le lisant, je me suis dit que si ce genre de bouquin était au programme scolaire, on me poserait peut-être moins de questions sur mon niveau de notoriété et plus sur ma santé mentale…
Vous les « anonymes », qui me faites l’honneur de lire mes élucubrations, dites-vous bien qu’au fond, je suis comme vous, mais juste avec plus de temps pour écrire des conneries et qu’entre une paella et une bande dessinée, il n’y a finalement pas tellement de différences. Sauf qu’il ne vous viendrait pas à l’idée de demander au marchand de paellas s’il est connu ou si :« Mais sinon, c’est bien ce que tu fais ? »

Quand je pense qu’au départ, c’était juste pour expliquer à certains qui trouvent que les Mr POPO sont un peu petits sur le blog, qu’il faut cliquer dessus pour les voir en grand…
En cours de route, je me suis souvenu que j’avais un Mr POPO à paraître dans le prochain « JADE : la revue de la bande dessinée moderne » qui traite des rapports de l’auteur et de son entourage, et que voilà ci-dessous :








1 commentaire:

elsa a dit…

héhé, juste envie de te dire que ma foiiii, tes textes me font bien marrer! bonne journée