mercredi 20 mai 2015

Bloir c'est Bloir... ( modèle déposé )

Putain, mais quel printemps pourri !
Ce matin, j’étais tranquillement en train de chaparder des cerises quand il s’est mis à pleuvoir.
Oui, parce que tous les matins, je promène le chien, ou l’inverse, je ne sais plus trop. Environ 3 quart d’heure de balade quotidienne dans la cambrousse. C’est bien, parce que je vois chaque petit changement de la moindre brindille s’opérer avec les saisons. 
Ma promenade passe à côté d’une maison avec deux cerisiers chargés à bloc de fruits. C’est pas tellement par nécessité que je pique des cerises, j’en ai plein chez moi, mais là, dans le petit matin, c’est sympa d’en manger quelques unes dans l’arbre, avec ces cons d’oiseaux qui ont l’air de me dire : “Mais casse toi, c’est à nous !” Et “t’es un peu gros pour un oiseau !”
C’est une maison qui appartient à des qui sont pas là. Il y en a plein par ici des baraques de Cadet Rousselle.
Des gens qui ont des sous pour avoir plusieurs maisons, plusieurs canapé-télés, plusieurs lits, plusieurs cabinets de toilette et un seul cul à mettre dedans.
Pendant qu’ils sont occupés à faire leurs besoins ailleurs, moi et les oiseaux, on leur chipe des cerises. 
Il y en a d’autres qui passent prendre le frigo et la télé, parfois, parce que les gens volent aussi des trucs qu’ils ont déjà.

Je suis rentré trempé et c’est là que j’ai eu l’idée d’inventer une couleur.
Comme Lovecraft : “La couleur tombée du ciel”

J’ai acheté l’année dernière des pinceaux à réservoirs pas cher quand je me suis fâché avec mr Pentel qui est un escroc.
Le fameux stylo pinceau à encre noire indélébile, il est sympa, mais quand le jeu de 4 cartouches a dépassé les 8 € je me suis dit que ça commençait à bien faire d’être pris pour un con sous prétexte que je fais l’artistouille.

C’est jamais que de l’encre, je suis sûr que c’est moins cher au litre d’acheter du plutonium !

Donc, j’ai décidé que j’allais remplir moi même un pinceau avec réservoir d’eau en mettant de l’encre à la place de l’eau.
Vous suivez ?
Je retrouvais alors l’instinct de mes ancêtres prolétaires adeptes de la secte des adorateurs du système D, revoyant dans un flashback au ralenti mon père, debout sur la cuvette des WC, réparant la chasse d’eau avec une semelle de chaussure. Pris d’une frénésie quasi mystique, j’entrepris de découper au cutter ce foutu stock de cartouches bleues que je traîne depuis 20 ans et à l’aide d’une seringue, j’injectais l’affreux bleu-stylo-plume dans le pinceau à réservoir.
Le tour était joué.
Sauf que c’est quand même un bleu dégueulasse, comme dirait Jean Seberg, alors j’ai coupé le produit avec des cartouches d’encre noire.

Ce qui m’a permis de créer une superbe couleur du plus bel effet, pour un prix modique et seulement deux heures de nettoyage de la table et du mur et un T-shirt et un pantalon signés Jackson Pollock, ça vaut vachement le coup, c’est pour ça que je vous donne le truc.



ça m’a aussi inspiré le début d’une chanson que je tiens à la disposition de Calogéro : 

“La vie c’est parfois bleu  
La vie c’est parfois noir  
Si t’es qu’à moitié heureux  
C’est que tu broies du bloir".

3 commentaires:

IV a dit…

J'ai bien ri, voisin de Terre!
Merci pour tes cerises sur le bateau, ton encre, tes mots...

setoan a dit…

il y a aussi de la bonne vielle encre de chine indienne ( celle qui est issue des cimetières hantés par des petits enfants morts en travaillant) pas trop épaisse, car sinon ça tue le pinceau-réservoir + une seringue de drogué pour l'injecter directement dans une vielle cartouche usagée pentel

wens a dit…

Ah ah ! Oui, j'ai aussi essayé cette méthode, mais j'en fiche partout encore plus !
Et il faut bien reconnaître que l'encre d'origine du Pentel est pratiquement comme de l'encre de Chine, si on veut des noirs indélébiles, on finit toujours par y revenir. Mais les petites expériences de bricolage, c'est très amusant !